7. Vers un empire enfin organisé
L'éphémère et inutile « conquête de l'Inde » ne s'achevait donc point par un désastre. Mais l'absence du roi avait déstabilisé un empire à peine ébauché. L'année 324 fut occupée à rétablir l'autorité royale. Apprenant le retour d'Alexandre, Harpale s'était enfui vers la Grèce, qu'il tentait de soulever. Mais d'autres satrapes, macédoniens ou orientaux, s'étaient également affranchis : ordre fut donné à tous de licencier leurs mercenaires, souvent des Grecs exilés, qui regagnèrent la côte méditerranéenne, posant un grave problème, qu'Alexandre tenta de résoudre en invitant toutes les cités grecques à rappeler leurs bannis : elles s'exécutèrent.
Après avoir rétabli l'ordre et puni les serviteurs infidèles, Alexandre paraît s'être préoccupé des moyens de rendre son œuvre durable. On peut discerner au moins quatre directions dans son action, que nos sources peignent en termes trop anecdotiques. D'une part, il tenta d'unir les aristocraties macédonienne et perse par des mariages dont il donna l'exemple, épousant la fille aînée de Darius. Il s'employa d'autre part à renforcer son armée d'éléments nés en Asie : à court terme, il prépara l'incorporation de 20 000 jeunes Perses, entraînés par leur nouveau satrape, son ancien garde du corps Peukestas. S'y ajoutèrent 30 000 jeunes Asiatiques, choisis en 327-326 et formés aux techniques de combat macédoniennes. À plus long terme, il prévoyait d'enrôler les enfants (les plus âgés n'avaient qu'une dizaine d'années...) nés de ses soldats et de leurs concubines asiatiques : il leur donna le nom d'épigones. Restait le plus difficile : renouveler les Macédoniens. Tandis que Cratèros était chargé de conduire en Macédoine les vétérans démobilisés, Antipatros recevait l'ordre de rejoindre Babylone avec de jeunes recrues. Enfin, pour asseoir son autorité, Alexandre crut nécessaire de se doter d'un statut surhumain, exigeant des Grecs, en tant que « dieu invincible » (théos anikètos), un culte dont quelques exemplaires d'une monnaie (le « dé […]
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