Philosophe et historien des sciences, né en Russie, Alexandre Koyré, de 1908 à 1911, a suivi à Göttingen les cours de Husserl et de Hilbert, puis à Paris ceux de Bergson et de Brunschvicg. Sa carrière de chercheur et d'enseignant s'est déroulée depuis 1930 à la VIe section de l'École pratique des hautes études, avec de nombreux séjours à l'étranger, notamment durant la Seconde Guerre mondiale aux universités de Chicago, de Baltimore, de Bruxelles, Yale, Harvard. Son œuvre extraordinairement riche et féconde est consacrée à la genèse des grands principes de la science moderne, de la science médiévale à Newton. Sa méthode en histoire des sciences est fondée sur sa « conviction de l'unité de la pensée humaine, en particulier dans ses formes les plus hautes » (philosophie, religion, science) ; il lie donc l'évolution de la pensée scientifique à celle des idées philosophiques et religieuses : « La pensée, lorsqu'elle se formule en système, implique une image, ou mieux une conception du monde, et se situe par rapport à elle : la mystique de Böhme est rigoureusement incompréhensible sans référence à la nouvelle cosmologie créée par Copernic. » Inversement, « on ne comprend pas véritablement l'œuvre de l'astronome ni celle du mathématicien, si on ne la voit pénétrée de la pensée du philosophe et du théologien ». C'est ainsi que parti d'intérêts et d'études purement philosophiques et théologiques (L'Idée de Dieu et les preuves de son existence chez Descartes, 1922 ; L'Idée de Dieu dans la philosophie de saint Anselme, 1923 ; La Philosophie de Jacob Böhme, 1929), intérêts qu'il ne reniera jamais (en 1955 paraissent les Mystiques, spirituels, alchimistes du XVIe siècle allemand), il entreprend l'investigation des cosmologies du xvie et du xviie siècle et des principes qui président au renouveau de l'astronomie et de la physique. Tel est l'objet de son grand ouvrage en trois parties intitulé Études galiléennes : I. À l'aube de la science classique, II. La Loi de la chute des corps : Descartes et Galilée, III. G […]
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