Né à Ouglitch, près de Moscou, le 18 février (2 mars, nouveau style) 1894, mort le 21 avril 1980 après plus de cinquante années au service d'une idée dont les répercussions prévisibles dépassent très largement les frontières actuelles de la science, Alexandre Ivanovitch Oparin restera dans l'histoire des connaissances humaines comme l'un de ceux qui auront contribué à redéfinir dans le vocabulaire moderne de la science la place et le rôle de la vie au sein de la nature.
C'est en effet en 1924 que, par la publication à Moscou de Proiskhozhdenie zhizni (« L'Origine de la vie »), Oparin constituait les fondations de ce qui allait devenir, un demi-siècle plus tard, la théorie chimique de l'origine de la vie sur Terre, et la base des réflexions sur le rôle des phénomènes biologiques dans l'ensemble des transformations naturelles à la surface de notre planète, et très probablement sur d'autres corps célestes.
Fondant son argumentation sur un ensemble, à l'origine très limité, de données expérimentales relatives, d'une part, aux possibilités offertes par la chimie du carbone dans les conditions naturelles, d'autre part, à la nature au niveau moléculaire des transformations au sein du vivant, Oparin osait revenir sur l'idée, communément admise alors, que, le vivant procédant toujours sous nos yeux du vivant, il avait fallu aux origines une intervention non réductible à l'approche scientifique pour en faire surgir les premiers rudiments à la surface du globe. Les développements de la chimie du carbone au xixe siècle semblaient en effet montrer que, si l'art de l'ingénieur permettait de construire des structures aussi complexes que celles des composés carbonés biologiques dans telle ou telle condition artificielle impliquant en particulier souvent une absence rigoureuse d'eau, il ne pouvait être envisagé de parvenir à des résultats comparables dans les circonstances accessibles, fût-ce occasionnellement, à la périphérie terrestre. Ce fut précisément le mérite d'Oparin de montrer, en réunissant q […]
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