Alexandre Medvedkine homme d'un seul film ? Le Bonheur (1935) a eu une seconde vie rare au cinéma. Salué à son apparition par S. M. Eisenstein, dûment enfoui avec toute la mémoire du cinéma non-conformiste de l'Union soviétique, il a été redécouvert à la fin des années 1960 par Jacques Ledoux, de la Cinémathèque royale de Belgique, et Chris Marker lui a donné une notoriété méritée.
Quand Medvedkine vint en France, il tire de leur rencontre un moyen-métrage, Le Train en marche (1971), qui, à travers lui, rendait hommage à toutes les avant-gardes soviétiques.
Dans ce contexte, la trajectoire de Medvedkine apparaît exemplaire : fils de paysans, il s'engage à dix-neuf ans dans la cavalerie de Boudienny. Il y monte des pièces jouées par des chevaux. Passé au service de la propagande de l'Armée rouge, il choisit bientôt le cinéma, est l'assistant d'un film légendaire et perdu, Le Chemin des enthousiastes (N. Okhlopkov), dont l'esprit satirique perdurera en lui. En 1931, il est chargé de la direction du ciné-train, un « atelier sur rails » de films satiriques, un circuit complet de production-diffusion de courtes bandes élaborées en sillonnant le […]
