2. Réformer le Parti
Première idée-force : la réforme économique (l'introduction de mécanismes de marché) n'a aucune chance sans réforme politique. Il faut, pour ce faire, briser l'emprise de l'État-parti sur la société. Le parti, affirmait Dubček, ne doit pas « diriger » (au sens de régir), mais « guider », fixer les grandes orientations. Instituer la séparation de l'État et du parti, institutionnaliser le pluralisme social, rétablir l'État de droit figuraient parmi les priorités des réformateurs tchèques. Les services de sécurité, déclarait le programme d'action du P.C.T., « ne doivent pas être utilisés pour résoudre les questions de politique intérieure et les contradictions de la société socialiste ». C'était le premier gage de crédibilité de la nouvelle politique, le second étant le changement apporté au fonctionnement intérieur du parti : pluralité de candidatures, vote à bulletins secrets, durée limitée des mandats, droits pour la minorité de rester sur ses positions. Telle était la nouvelle source de légitimité que devait incarner le congrès du parti convoqué pour septembre 1968, et tel fut l'un des principaux motifs soviétiques pour intervenir avant sa tenue.
Aussi audacieuses que fussent les réformes du Printemps de Prague, elles devaient corriger et non abolir le « rôle dirigeant » du parti. Alors que la suppression de la censure favorisait l'émergence d'une opinion publique indépendante, les limites du changement commencèrent à apparaître clairement. Le véritable test dans ce domaine fut la tentative de reconstituer un parti social-démocrate. Dubček y opposa une fin de non-recevoir catégorique.
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