Né à New Rochelle, dans l'État de New York, Alexander Gillespie Raymond entre comme employé de bureau dans une agence de Wall Street spécialisée dans les tractations boursières, alors qu'il a des dons exceptionnels pour le dessin. Parallèlement à cette activité, il suit des cours à la Grand Central School of Arts. Il opte finalement pour le dessin en 1930. Il entre à la King Features Syndicate où il devient l'assistant de Chic Young, l'auteur de Blondie, et du frère de ce dernier, Lyman Young, qui menait alors deux récits de front : Tim Tyler's Luck (connu en France sous le titre de Raoul et Gaston) et Richard le Téméraire.
En 1934, Alex Raymond lance simultanément trois histoires : Flash Gordon, Jungle Jim et Agent X-9 sur un scénario de Dashiell Hammett. Dans l'esprit de l'agence qui l'emploie, la première bande devait concurrencer Buck Rogers de Dick Calkins dans le domaine de la science-fiction, alors que Agent X-9 devait se mesurer au Dick Tracy de Chester Gould. Surchargé de travail, Alex Raymond renoncera très rapidement à la bande policière Agent X-9 pour se consacrer aux deux autres.
Le sujet très irréel de Flash Gordon permet au graphisme de Raymond de s'épanouir. Le comportement des personnages est très étroitement lié à un espace fictif. Le scénario n'est guère original : sous couvert de science-fiction, l'auteur s'inspire de toute évidence des aventures des chevaliers de la Table ronde. À côté de véhicules ou d'armes d'une esthétique moderne si fascinante qu'elle fait douter de leur efficacité technologique, les personnages portent des vêtements empruntés à l'époque médiévale. Le « déplacement » de ces fictions d'un temps passé vers l'espace d'un présent fictif donne à Alex Raymond l'occasion de se détacher du réel et d'affranchir ainsi son dessin des contraintes de l'imitation. Flash Gordon est avant tout un redresseur de torts, à la manière de Robin des Bois.
La plupart des personnages féminins règnent sur des territoires d'une rigueur extrême : Ondine est la reine du royaume des […]
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