Né en Ligurie, Alessandro Magnasco reçoit sa première formation à Milan, d'un peintre vénitien, Filippo Abbiatti. À Gênes, durant son enfance, il a connu les batailles, les processions, les scènes de cabaret et les rixes de Bohémiens que peignaient les Flamands Cornelis et Luc van Wael. À Milan, dans le climat de terreur et de misère que fait régner la tyrannie espagnole, il trouve ses modèles dans la rue. Son imagination exaltée, tantôt par une ferveur mystique, tantôt par une révolte quasi blasphématoire, cède aussi par moments à une célébration préromantique des forces de la nature. Funérailles juivesou Sépulture d'un moine (musée de Bassano), Réunion de quakers ou Noces bohémiennes (musée du Louvre), Cortèges de pénitents ou Leçon de chant à la corneille(coll. part., New York) deviennent des transpositions fantastiques de la réalité.
Cette manière profondément personnelle, et qui laisse Magnasco sans épigone, a sa source, non seulement dans les précédents flamands ou hollandais — et leurs représentations de chanteurs, de devins, de scènes d'Inquisition —, mais encore dans l'œuvre de Jacques Callot, de Stefano dell […]
