Alençon, chef-lieu du département de l'Orne, est situé aux confins de la Normandie et du Maine, dans une région de plaine verdoyante qu'entourent les bocages du Perche et de grandes forêts domaniales sur les hauteurs de Perseigne et d'Écouves. Aux limites du Bassin parisien et du Massif armoricain, Alençon se trouve sur un vieil itinéraire de passage nord-sud entre la Manche et l'Atlantique et à un croisement avec la route allant de Paris vers le Mont-Saint-Michel. La ville, d'origine ancienne (ive s.), fut à la tête d'un duché qui était un apanage pour des fils ou des frères du roi de France. Ce fut une des rares cités normandes en bonne partie épargnée par la bataille de 1944 et elle fut la première ville libérée par la 2e D.B. Elle conserve un petit centre ancien et un patrimoine architectural (la maison d'Ozé, l'église Notre-Dame) qui, ajoutés aux charmes bocagers et forestiers de la région environnante, en font un centre touristique de qualité. La ville compte 28 900 habitants (recensement de 1999) et la communauté des communes qui l'entoure 52 500 personnes.
L'économie alençonnaise a connu au cours de l'histoire des hauts et des bas qui se traduisent dans le paysage actuel. Ce fut longtemps une ville de marchés et de foires, une petite capitale régionale favorisée par un croisement de routes, maintenant d'autoroutes. Mais l'itinéraire nord-sud de Caen au Mans fut mal valorisé jusqu'aux années 1990. Et le département de l'Orne, très rural, est le plus faible de la Basse-Normandie du point de vue de l'économie, le moins peuplé (292 000 habitants), et le moins bien centré sur son chef-lieu. Néanmoins, les nouveaux flux européens, de l'Atlantique à la Manche sans passer par Paris, redonnent une certaine vigueur au carrefour alençonnais. Alençon fut aussi célèbre comme capitale de la dentelle, du xviie au xixe siècle, le « point d'Alençon » étant considéré comme une œuvre d'art. La cité animait de multiples petits ateliers de dentellières en milieu rural. Il n'en reste plus qu'un musée et des souvenirs soigneusement entretenus. Enfin, c'est à Alençon que se développa, à partir de 1937, la plus importante usine du groupe d'équipement électroménager Moulinex, employant jusqu'à 3 000 personnes, surtout des femmes, elles aussi venues souvent des campagnes et bocages voisins. Mais l'usine a dû fermer ses portes en 2001 faisant d'Alençon une ville en crise. Le relais industriel est partiellement assuré par un faisceau de petites et moyennes entreprises, notamment dans les branches de l'agroalimentaire, de la logistique et surtout de la plasturgie, avec l'ambition des pouvoirs publics d'en faire une spécialité accompagnée par le développement d'un petit centre universitaire adapté.
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