2. Aspects cliniques
• Effets neuro-psychiques
Généralement consommé comme un stimulant, l'alcool en réalité se rapproche plutôt des anesthésiques. Il fut le premier anesthésique connu en chirurgie générale. Dans la classification actuelle des substances qui agissent sur le système nerveux, il se rapproche des tranquillisants dont l'effet électif est l'apaisement de l'angoisse.
L'intoxication alcoolique aiguë a été très étudiée sur l'animal et chez l'homme, et l'intérêt actuel porte sur les intoxications mineures : le sujet ne présente aucun signe clinique, son alcoolémie est modérée, son comportement parfaitement normal, mais il semble bien que les tests psychomoteurs les plus fins soient déjà perturbés. Cette période fait actuellement l'objet des discussions les plus importantes. Il ne fait aucun doute que se trouvent dans cet état des sujets qui ont pris des doses d'alcool modérées et qu'on ne saurait en aucun cas taxer d'ivresse. Mais il reste que ces sujets présentent probablement un risque social, par exemple dans la conduite d'un véhicule, dont la vitesse est telle qu'un léger retard des réflexes peut être cause d'accidents graves. Cette pointe de bonne humeur sans autre aspect anormal qu'une moindre autocritique, le fait que le sujet soit euphorique et par conséquent ne prenne aucune précaution, est la phase la plus dangereuse sur le plan des accidents de la route ou des accidents du travail. À ce stade, l'intoxication alcoolique aiguë peut être démontrée par dosage chimique révélant des alcoolémies au voisinage de 0,50 g/l), valeur au niveau de laquelle il n'est plus licite, en France, de conduire une automobile. Elle correspond à deux « verres » (consommation « bistro ») standard.
À dose plus forte, les signes cliniques apparaissent. Entre 1 et 2 g/l, ils peuvent être peu évocateurs chez des sujets dont les troubles psychologiques sont déjà importants. L'absence d'autocritique, la levée des inhibitions et, notamment, des inhibitions névrotiques, peuvent avoir des conséquences médico-légales, et c'est à ce stade que l'on peut observer combien l'alcoolisme facilite la d […]
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