Le mot alcoolisme désigne tout à la fois les manifestations individuelles de l'intoxication par l'alcool éthylique et les problèmes sociaux que posent à la collectivité – qui doit les gérer – les phénomènes psychologiques, pathologiques et accidentologiques résultant de cette intoxication. Cette ambiguïté n'est pas sans avoir une large incidence sur la charge sociale que représentent les maladies somatiques et psychiques liées à la dépendance envers l'alcool et sur leurs conséquences en matière de santé publique, d'accidents de la circulation, d'accidents du travail, de délinquance et de criminalité. Cet immense gaspillage social ne peut être compensé par les taxes sur la consommation des boissons alcoolisées.
À quoi tient ce décalage ? Au fait que l'alcool, composant de boissons très anciennement connues et attestées par l'histoire, peut passer pour un aliment mais qu’il est aussi l’un des psychotropes les plus banalisés. Puisque presque tous les peuples absorbent, en plus de leur alimentation, quelques substances à effet psychotrope, on comprend pourquoi l'alcool est largement consommé à travers le monde. À en juger par les strictes définitions des pharmacologues, il serait l'une des moins dangereuses de ces substances.
En réalité, le caractère alimentaire des boissons alcoolisées n’e st vérifié qu’au-dessous d’un taux de consommation très faible, au-delà duquel s’ouvre le domaine de l’intoxication. Si la physiologie peut distinguer les effets psychotropes (désinhibant, euphorisant, dépresseur) des apports nutritifs d’une boisson, la personne qui absorbe un tel produit ne peut faire cette distinction. Cette discordance entre le jugement du physiologiste et la perception du consommateur doit être rappelée avant toute étude de la biologie de l'alcool dans l'organisme, et prise en compte dans toute approche du risque alcool pour la société.
1. Aspects biologiques
Le degré alcoolique mesure le pourcentage en volume d'alcool d'une boisson. Ainsi dans un litre de vin à 12 degrés, il […]
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