3. Un jeu complexe entre Athènes, Sparte et la Perse
Ainsi Alcibiade s'est soustrait aux lois. Plutôt que d'être jugé, il a préféré rompre avec Athènes et se réfugier chez l'ennemi. Une autre phase de sa vie politique commence avec cette trahison. Pendant plusieurs années, jusqu'en 408, réduit au rôle de conseiller, il s'efforcera en vain, mais par tous les moyens, y compris la trahison et le mensonge, de reconquérir la position et l'influence perdues.
Qu'on l'ait appelé à Sparte (selon Thucydide) ou qu'il s'y soit rendu de lui-même, il n'en demeure pas moins à son service de 414 à 412. Sparte, au début, se méfie de lui et, malgré ses conseils, envoie Gylippos en Sicile. La catastrophe de 413, qui ruine la flotte athénienne, donne raison à Alcibiade. Les relations avec la Perse passent à cette date au premier plan : le moment semble venu pour la Perse et Sparte de mettre la main sur l'Empire athénien affaibli. Dans cette conjoncture, Alcibiade se montre très actif. Il conseille à Sparte d'accepter les offres des satrapes de Lydie et de Phrygie, Tissapherne et Pharnabaze. L'envoi d'une escadre de 40 vaisseaux en Ionie est décidé, mais Alcibiade ne reçoit que cinq navires. De plus, il ne peut exercer son commandement : accusé d'avoir séduit la femme d'Agis, il est condamné à mort malgré les éclatants succès personnels remportés à Chios, Milet, Érythrées, Clazomène.
Il quitte Milet, s'installe auprès de Tissapherne et le persuade de suivre son plan : user Sparte et Athènes l'une contre l'autre pour mieux triompher des deux. S'il flatte les intentions de Tissapherne, l'ennemi héréditaire des Grecs, c'est qu'il espère reconquérir une position de force : il y réussit, car il semble alors diriger la politique perse à l'égard de la Grèce. Il met tout en œuvre pour rentrer à Athènes, lui fait connaître ses intentions réelles, et ose lui promettre l'alliance du Grand Roi, si la démocratie est renversée. Mais les exigences de Tissapherne (poussé peut-être par Alcibiade, qui a peur d'être désavoué) font éch […]
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