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MORAVIA ALBERTO (1907-1990)

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2.  Misère de l'homme ou misère de l'histoire ?

Ses personnages se ramènent à quelques types, à quelques attitudes fondamentales face au monde. L'intellectuel bourgeois à la fois lucide et impuissant est le plus typique. Bien avant La Nausée et L'Étranger, Moravia le charge d'exprimer une certaine inquiétude existentielle ; incapable d'agir et coupable de ne pas agir, il poursuit sans relâche un vain effort pour s'adapter à un monde qui le fuit. D'où vient cet ennui, ce manque à vivre ? Pour une grande part, de la conscience aiguë de la déshumanisation d'un monde et de la désagrégation d'une culture ; jusqu'à la guerre, le monde moravien est une vaste mascarade (La Mascherata, 1941) ; le personnage n'est que la parodie du héros, et ses idoles ne sont plus que des simulacres ; ce n'est pas que la réalité soit absurde, c'est que l'homme ne sait plus la parler ; il a les mots de toujours, mais ils ne veulent plus rien dire. Depuis la guerre, l'essor de la publicité, l'inflation des modèles de comportement réduisent l'homme, lors même qu'il se révolte, à n'être qu'un automate ballotté entre des images de marque également stéréotypées ; dans ces décombres ne subsistent comme forces vives mais ambiguës que l'argent et le sexe ; et c'est sous ces deux signes que place sa vie le frère ennemi de l'intellectuel, le capitaliste, parfaitement à l'aise dans la débâcle. L'enfant, lui, n'apparaît que lorsque, quittant le paradis de l'innocence, il s'initie au mal (Agostino, 1945). La femme est tour à tour perdition ou espoir de salut, selon qu'elle retient l'homme dans ce cercle maudit de la corruption bourgeoise ou qu'elle est le mirage d'un bonheur qui est aussi et toujours un ailleurs.

On a reproché à Moravia de représenter avec monotonie un monde où ne règnent que l'ennui, la peur et la cruauté ; ou de « sauver » ses personnages par des solutions aussi artificielles que peu convaincantes. Nul doute que chez lui le pessimisme l'emporte de beaucoup ; il serait toutefois injuste de nég […]

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AGOSTINO, livre de Alberto Moravia

Écrit par :  Gilbert BOSETTI

AlbertoMoravia *Durant les années 1930, la littérature narrative italienne se caractérise par une floraison de récits d'enfance et d'adolescence auxquels Moravia contribue par deux nouvelles qui préfigurent Agostino et La Désobéissance (1948) : Hiver de malade (1930),Lire la suite
MORANTE ELSA (1915-1985)

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Dans le chapitre "Un réalisme magique"  : …  de sa production narrative pour les journaux. C'est aussi l'année où elle rencontre le romancier *Alberto Moravia, qu'elle épousera en 1941. Au lendemain de la guerre, Elsa Morante commence à rédiger Mensonge et sortilège (Menzogna e sortilegio) qui paraît en 1948 aux éditions Einaudi et obtient le prix Viareggio, une des plus… Lire la suite

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Alberto Moravia, R. Guttuso

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