Né dans une famille très riche, Albert Speer fait, comme son père, des études d'architecture. Après avoir entendu et vu Hitler, il adhère au Parti national-socialiste au mois de janvier 1931 et devient membre de la N.S.K.K. (corps motorisé du parti). Il se fait rapidement remarquer par ses dons d'architecte et Hitler l'accueille au nombre de ses confidents. De 1933 à 1945, le destin de Speer est lié à celui du Führer
. Occupant des situations très différentes mais toujours exceptionnelles, il est tour à tour l'architecte de Berlin, l'ami fidèle des réunions nocturnes à la Chancellerie du Reich et au Berghof, le technocrate et l'organisateur qui obtient, dans la production d'armements, des résultats qui étonnent le monde, l'opposant enfin, aussi efficace qu'inattendu, à qui l'Allemagne doit, pour une large part, sa survie économique. De la naissance à la chute du IIIe Reich, Albert Speer appartient au cercle des intimes de Hitler sans pourtant s'y intégrer. Il conserve, seul dans ce cercle, un regard lucide. Même ses détracteurs les plus résolus ont reconnu qu'il avait préservé son intégrité morale tout au long de sa carrière au service d'un système amoral. Il est nommé, en 1937, inspecteur général des Bâtiments de Berlin, construit notamment, dans un style néo-classique colossal, la grande chancellerie du Reich (détruite pendant la guerre) et aménage le champ de Mars. Devenu ministre de l'Armement en 1942 et chef de l'organisation Todt, il utilise la main-d'œuvre étrangère réquisitionnée pour l'effort de guerre allemand. C'est pour cette réquisition qu'il est condamné par le Tribunal militaire international de Nuremberg à vingt années de détention. Il est libéré en 1966 et se consacre à l'écriture. Il publie, entre autres, ses Mémoires sous le titre Au cœur du IIIe Reich (Erinnerungen, 1969).
Photographie
Albert Speer Architecte de Berlin et proche de Hitler, Albert Speer (1905-1981) montre au Führer en 1938 ses plans pour la capitale du Reich.
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André BRISSAUD
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