4. L'esthétique
L'écriture roussélienne se caractérise par son rythme dominateur, une pulsation toujours présente qui commande les structures, les développements. Les thèmes sont nettement dessinés, les harmonies mouvantes comme la mer, les mélodies d'une riche envolée, rénovées par l'emploi de modes anciens (grecs) ou orientaux. L'orchestration simplifiée ignore les ornements superflus, se résume à l'essentiel tout en sonnant à la perfection. À l'esprit méditatif des profonds adagios, où se reflète la contemplation des vastes horizons marins, s'oppose l'esprit le plus vif, la truculence toute flamande des scherzos rapides. Loin de la séduction facile, il faut aller vers l'œuvre, l'approfondir pour en saisir toute la beauté malgré ses attraits évidents. Art parfois douloureux dans sa quête à considérer le chemin parcouru, il s'impose par son authenticité. Et si l'on songe à l'enfance meurtrie par les deuils, aux aléas d'une santé délicate, une antithèse apparaît : celle du malheur inspirant une production où se mêlent à l'évocation poétique la force et la joie de vivre.
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