Poète belge d'expression française, Albert Mockel est originaire de Liège, et il y fonde une importante revue poétique, La Wallonie (qu'Henri de Régnier dirigera par la suite) alors qu'il est encore étudiant à l'université (1886) ; presque tous les poètes subissant l'influence du symbolisme lui donneront des textes pour sa revue. Venu à Paris dès 1889, il fréquente les Mardis de Mallarmé et utilise un des premiers le vers libre. Mockel recherche les effets musicaux d'une poétique (largement tributaire de René Ghil) qui doit être une aventure spirituelle. Son premier recueil, Chantefable un peu naïve (1891), associe à un symbolisme strict l'amour de la poésie médiévale, de ses formes et de son rythme : le titre même indique clairement cette double orientation du jeune poète. Il mène parallèlement une activité de critique avec Propos de littérature (1895) ou avec Stéphane Mallarmé, un héros (1899). Il y affirme une totale adhésion au symbolisme : jamais il ne la remettra en cause, même après que l'école se sera dispersée au gré de nouvelles modes. Et c'est sans doute cette obédience qui compromet l'originalité d'un projet constamment soumis à de […]
