Historien du catholicisme français contemporain, activement mêlé à la crise moderniste. Né à La Flèche, de parents boulangers, élève du petit séminaire d'Angers, novice bénédictin à Solesmes, prêtre du diocèse d'Angers en 1901, Albert Houtin fut aussitôt nommé professeur d'histoire au petit séminaire. Ses recherches sur l'origine du diocèse et sur saint René, qui en aurait été le premier évêque, lui valurent de graves difficultés avec son évêque et, en 1901, le conduisirent à Paris, où il entra peu à peu en rapport avec les principaux représentants du mouvement moderniste. Pendant cinq ans (1904-1909), il assura au Siècle, quotidien radical de Paris, la rubrique des affaires religieuses ; et, jusqu'en 1912, année où il quitta définitivement la soutane, il se considéra comme « franc-tireur au service de l'Église ».
Son évolution religieuse, liée à son expérience laïque, fut un long et douloureux détachement de la foi chrétienne, et même, à la fin de sa vie, de toute croyance religieuse. Si sa situation matérielle le lui avait permis (elle fut celle d'un petit fonctionnaire jusqu'à la veille de sa mort), il aurait consacré toutes ses forces à « démythiser » l'Église […]
