« Je m'appelle Al Gore ; je suis l'ex-futur président des États-Unis » : assumant, non sans humour, l'échec de sa victoire annoncée à l'élection de décembre 2000, ainsi Al Gore commençait-il invariablement les conférences qui ont inauguré sa nouvelle carrière et son leadership, inattendu, dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Albert Arnold Gore Jr. est né le 31 mars 1948 à Washington. Son père, Albert Gore Sr., est alors représentant du Tennessee, dont il sera élu sénateur en 1952. Le jeune Al partage son enfance entre cet État et la capitale fédérale. Il obtient une licence en sciences administratives (government) à Harvard, en 1969. Il a alors déjà rencontré Mary Elizabeth (« Tipper ») Aitcheson, qu'il épouse le 19 mai 1970 et qui lui donnera trois filles et un fils.
La même année, il s'engage dans l'armée en dépit de son opposition à la guerre du Vietnam, pays où il passera sept mois comme journaliste militaire. Il en reviendra assez désabusé et semble même avoir cherché une catharsis à la faculté de théologie de l'université Vanderbilt (Nashville). Il prend en même temps un emploi de journaliste au Nashville Tennessean et s'y forge une certaine réputation comme reporter d'investigation.
En 1976, Al Gore embrasse l'ancienne carrière de son père et est élu représentant du Tennessee. À la Chambre, où il siège dix ans durant, puis au Sénat, où il entre en 1986, il devient le prototype du nouveau démocrate sudiste : libéral sur les questions de droits civiques, mais se démarquant de la majorité plutôt à gauche du parti sur la défense nationale ou la lutte contre la criminalité. Il n'hésite pas à consacrer de longues heures à l'étude des dossiers pour se tailler une réputation nationale dans trois domaines : les technologies avancées ou high tech (il contribue à populariser l'idée de « superautoroute de l'information »), le contrôle des armements et la protection de l'environnement. Il peut ainsi conduire une campagne remarquée, quoique non couronnée de succès, pour l'investiture démocrate de 1988. […]
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