Le compositeur Albéric Magnard est l'un des seuls symphonistes de grande envergure qu'ait connu la France à l'aube du xxe siècle. Bien que son père, rédacteur en chef du Figaro, lui ait offert toutes les facilités pour réaliser une brillante carrière, il refuse ses interventions et suit, en solitaire, un chemin en marge des circuits musicaux de son temps. Après avoir reçu une formation juridique, il entre au Conservatoire de Paris en 1886, où il travaille avec Jules Massenet et Théodore Dubois. Il s'y lie d'amitié avec Guy Ropartz, qui sera par la suite l'un de ses plus fervents défenseurs. Puis il suit les cours de Vincent d'Indy à la Schola Cantorum (1888-1892) et compose, à la même époque, sa Première Symphonie (1889-1890) et son premier ouvrage lyrique, Yolande (1888-1891), représenté à la Monnaie de Bruxelles en 1892. Il voyage beaucoup et collabore de façon éphémère au Figaro. En 1897, il remplace pendant quelques mois Vincent d'Indy à la Schola, seule fonction officielle qu'il acceptera d'occuper. Très méfiant de nature, il limite la diffusion de ses œuvres à une élite privilégiée sans passer par l'intermédiaire d'un […]
