Académicien et ministre, homme politique et écrivain, diplomate et journaliste, Alain Peyrefitte est le type même de l'intellectuel engagé en politique, à moins que ce ne soit le contraire. Ce personnage brillant, mais aussi intransigeant, ne laissait pas indifférent. On l'admirait pour son œuvre ; il se fit aussi beaucoup d'ennemis lors de ses passages dans divers ministères.
Né en 1925 à Najac (Aveyron), Alain Peyrefitte entre à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, puis à l'E.N.A., dans la première promotion (France combattante) de cette école. Après un bref passage par le C.N.R.S. (1947-1949), il s'oriente vers la diplomatie. Il est tour à tour en poste à Bonn, à Paris, à Cracovie. Le retour au pouvoir du général de Gaulle coïncide avec son entrée en politique.
En novembre 1958, il est élu député de Seine-et-Marne. Au cœur de la Brie, il se constitue un fief : il est maire de Provins (1965-1997) et conseiller général de Bray-sur-Seine (1964-1988). Il est régulièrement réélu député jusqu'en 1995, date de son entrée au Sénat. Sa carrière connaît un seul et bref incident de parcours en juin 1981 : mais l'annulation de l'élection de son adversaire le ramène vers l'Assemblée à la faveur d'une partielle, dès janvier 1982.
À la recherche de jeunes députés gaullistes talentueux, le secrétaire général de l'Élysée, Geoffroy de Courcel, le présente au fondateur de la Ve République. C'est le début d'un dévouement et d'une admiration sans bornes. Le voici secrétaire d'État à l'Information en 1962, puis ministre des Rapatriés, et enfin ministre de l'Information (1962-1966), porte-parole du gouvernement. Il fait alors voter le nouveau statut de l'O.R.T.F. (1964), mais surtout il incarne le contrôle du pouvoir gaulliste sur la télévision naissante. En 1966, il est ministre de la Recherche scientifique et, un an plus tard, ministre de l'Éducation. Après s'être opposé à la réouverture de la Sorbonne en mai 1968, il doit quitter le gouvernement.
Président de la commission des Affaires culturelles et sociales […]
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