Alain Crombecque avait tout de l'honnête homme au sens du xviie siècle. Courtois, affable mais secret, il ne se livrait guère que dans le cercle de ses intimes. Pourtant, s'il demeurait silencieux, il portait un regard perçant tant sur les hommes et les artistes que sur les œuvres. Directeur général du festival d'Automne depuis 1993, cet humaniste pétri d'exigence et de culture est décédé le 12 octobre 2009, terrassé par un malaise cardiaque.
Né le 5 octobre 1939 à Lyon, Alain Crombecque s'intéresse très tôt au théâtre et devient un habitué du T.N.P. de Villeurbanne alors dirigé par Roger Planchon. « Monté » à Paris, il milite au sein de l'Union nationale des étudiants de France (U.N.E.F.), où il est en charge des affaires culturelles puis des affaires internationales, avant d'en devenir le vice-président en 1964 et 1965. Un temps journaliste (il écrit notamment sur Armand Gatti), il se fait le compagnon de route de toute une nouvelle génération d'artistes prêts à dynamiter les conventions du théâtre et de la société : Claude Régy, Alfredo Arias, Victor Garcia, le Jérôme Savary des riches heures du Grand Magic Circus. Il travaille aussi avec Peter Brook, dont il est l'assistant.
En 1972, Michel Guy fonde le festival d'Automne, afin d'ouvrir la France, trop repliée sur elle-même, aux tendances nouvelles qui prennent corps hors de ses frontières. Il propose à Alain Crombecque de prendre en charge les relations publiques. Lorsque Michel Guy est nommé secrétaire d'État à la culture, il lui succède naturellement à la direction artistique du festival, de 1974 à 1976. Puis il part pour d'autres aventures. Il sera ainsi chargé de mission pour le festival de Nancy, créé par Jack Lang, de1978 à 1981, puis conseiller artistique de Patrice Chéreau au Théâtre des Amandiers à Nanterre, de 1981 à 1985. C'est lui qui convainc Genet d'être présent à la « première » des Paravents.
En 1985, Alain Crombecque est nommé à la tête du premier festival de France : Avignon. Il va y rester sept ans, et son passage fera date. En […]
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