Écrivain arabe, historien et géographe, Ya‘qūbī appartient à une famille vouée par tradition à l'administration et au shī‘isme : un de ses ancêtres, préfet d'Égypte, paya de sa vie son attachement aux descendants de la famille d'‘Alī.
Comme géographe, Ya‘qūbī paraît s'inscrire, à première vue, dans la lignée des géographes administrateurs inaugurée par Ibn Khurdādhbeh. Mais il la déborde considérablement et son Livre des pays, rédigé en 889 (Kitāb al-buldān, édité par De Goeje, Leyde, 1892 ; traduction française par G. Wiet, Les Pays, Le Caire, 1937), apporte d'importantes innovations. À l'inverse d'Ibn Khurdādhbeh, Ya‘qūbī est un fonctionnaire de province, et ses voyages, ses notations prises sur le vif, in situ, rapprochent la géographie de la réalité des choses : en Arménie, au Khurāsān, en Inde, en Égypte et en Afrique du Nord, Ya‘qūbī, selon ses propres dires et comme son livre en fait foi, a interrogé une foule de gens, doublant son information livresque par ce souci de l'observation et de la notation concrètes (‘iyān) qui vont peu à peu se tailler une place décisive dans la géographie. Pour être directement inspiré par de […]
