« Le Disert », sobriquet sous lequel est resté célèbre Ghiyāth b. Ghawth b. al-Ṣalt, l'un des panégyristes les plus représentatifs du genre sous les Umayyades de Damas.
Al-Akhṭal appartenait à la tribu des Taghlib qui nomadisait sur l'Euphrate moyen et jusqu'en Djazīra et était restée de confession chrétienne. Il naquit soit à Ḥīra, en basse Babylonie, soit à Ruṣāfa (l'ancienne Sergiopolis). Sa vie durant, al-Akhṭal demeura fidèle au monophysisme. Son adolescence semble s'être écoulée en Djazīra, ce qui fit de lui un poète de tribu. Sous le calife umayyade Mu‘āwiya (de 661 à 680), al-Akhṭal est admis dans le milieu gouvernemental. Sous Yazīd Ier, en 680, il fait son entrée en composant des pièces satiriques contre le parti des Anṣār de Médine, geste sacrilège, car il visait les descendants de ceux qui avaient embrassé la cause de Mahomet lors de son émigration à Médine, en 622. Soutenu par le calife, al-Akhṭal décidait de son option politique et marquait son attachement à la dynastie régnante. Le poète prenait en effet position dans le long conflit tribal qui devait opposer des groupes se donnant une origine sud-yéménite à d'autres tribus qui se réclamaient d'une généalogie nord-arabe. Al-Akhṭal sut se réserver des intelligences dans chaque parti.
Chantre des souverains, al-Akhṭal sert aussi les intérêts de sa tribu. Dans les luttes sans merci contre les Bakr de Mésopotamie, par exemple, il révèle tout ce qui subsiste en lui d'atavisme bédouin et d'esprit de clan. Sous le calife ‘Abd al-Malik (de 685 à 705), al-Akhṭal connaît l'apogée de son crédit à la cour de Damas. Sous al-Walīd Ier, la disgrâce se produit ; elle pourrait s'expliquer par l'ascension de Djarīr, ennemi d'al-Akhṭal. Miné, peut-être par le vin et la débauche, le poète disparaît en Djazīra, au sein de sa tribu.
De l'œuvre d'al-Akhṭal ne subsiste qu'une faible partie, une soixantaine de pièces et fragments, soit environ deux mille vers. L'explication de ce fait peut être trouvée d'une part dans le déclin définitif, au ixe siècle, des […]
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