4. Son influence sur les arts et les lettres
Comprenant l'intérêt des rapprochements culturels, il confia à des poètes le soin de traduire en persan les chefs-d'œuvre de la littérature indienne. Il constitua une bibliothèque où furent classés un très grand nombre de manuscrits. Il favorisa le développement de l'urdu, mélange de l'hindi et du persan, qui devint la langue de ses résidences, où voisinaient hindous et musulmans. Sous son règne, un brāhmane devenu ascète, Tulsīdās (mort en 1623), apparaît comme le créateur de l'hindi moderne. Il « chanta la foi vishnouiste, la tolérance et l'union, dans une œuvre admirable, pleine de sérénité », que domine son adaptation du Rāmayāna.
Avant d'atteindre au dépouillement religieux, Akbar avait été un bâtisseur de mosquées. C'est à Fatehpūr Sīkrī (Ville de la Victoire) − dans cette capitale éphémère et merveilleuse, qu'il fit élever, pour commémorer l'annexion du Gujrāt − que se trouve la plus célèbre de ces mosquées. À Delhi, il édifia une sépulture royale pour son père Humāyūn, et une autre à Sahsaram pour l'empereur Sher shāh.
C'est lui qui entreprit la construction du Fort rouge d'Allahābād. L'orientation des arts vers un style plus national lui parut un moyen de cimenter l'unité. Aussi fonda-t-il des écoles de peinture où la tradition indo-musulmane, nuancée d'influences persanes, aboutira à la création d'admirables miniatures indiennes. Il mourut en 1605 à Agra, dans un des palais qu'il avait fait construire.
Après la mort d'Akbar, ses successeurs poursuivront sa politique de magnificence, mais elle ne sera que le paravent d'une faiblesse qui conduira l'Empire mongol vers sa désagrégation.
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