2. Son idéal national
Pour assurer la victoire, Akbar ne recula ni devant les massacres, ni devant les exécutions qu'il croyait nécessaires. Mais, la paix rétablie, il considérait sans haine les populations susceptibles d'accepter son autorité. Il laissa aux princes hindous le soin d'administrer leurs possessions, s'ils consentaient à demeurer des vassaux loyaux. Peu cultivé, ne sachant probablement pas lire, c'est son génie propre qui le guida et lui permit de résoudre les problèmes redoutables que fit naître son ambition. Il comprit vite qu'il fallait choisir entre l'Afghanistan et l'Inde. Il n'hésita pas à opter pour l'Inde, et refusa de se considérer comme un souverain étranger. Pour lui, ses conquêtes ne représentaient pas seulement une série de victoires, mais un moyen d'obtenir une unité véritable, l'unité d'une nation.
Désireux d'établir l'égalité entre tous ses sujets, musulmans ou non, il supprima la taxe, si impopulaire, réclamée aux non-convertis à l'islam : le jiziya. Préoccupé du bonheur de son peuple, il s'ingénia à perfectionner le système administratif, à le rendre intègre. Il rechercha la prospérité économique. Les villes s'enrichirent. Il favorisa le développement de l'artisanat et accorda aux Portugais des monopoles ainsi que l'autorisation de créer les premières factoreries. Il les éleva ainsi au rang d'agents exclusifs du commerce avec l'Europe, car si son armée était puissante, il n'avait pas de marine. C'est par les Portugais que la réputation d'Akbar parvint en Occident, où il apparut comme l'un des plus puissants souverains de son temps.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



