3. Les peintures murales classiques
Dans les cavernes nos 1, 2, 16 et 17 se voient les fresques classiques les plus importantes ; il s'en trouve également, surajoutées, dans les sanctuaires nos 9 et 10. On admet généralement aujourd'hui que les surfaces murales étaient enduites et prêtes à recevoir leur revêtement pictural alors même que se poursuivait la tâche des sculpteurs. Les peintres ont donc pu travailler en un laps de temps assez court et il est difficile de trouver, dans l'ensemble de l'œuvre d'inspiration mahāyānique, les indices certains d'une évolution. Une partie de qualité médiocre, dans la grotte no 2, et représentant les « Mille Bouddhas » (thème du Miracle de Çrāvastī) est à situer, sur la foi d'une inscription, au vie siècle. Toutes traitent des existences antérieures du Bouddha ou de sa dernière incarnation humaine. La localisation topographique des événements, et non leur déroulement chronologique, présidait au groupement des scènes ; cette convention retarda longtemps l'identification des sujets.
Les ensembles, extrêmement denses, déconcertent le visiteur. À première vue, les scènes paraissent s'enchaîner sans aucune délimitation et se confondre. Puis des lignes de force se dégagent et, progressivement, un rythme s'établit : chaque groupe converge vers un personnage central, le passage d'un groupe à l'autre s'effectuant grâce à des personnages secondaires dont les attitudes guident le regard du spectateur, de scène en scène, tout au long de la surface murale. Qu'un schéma circulaire soit à la base de maintes structures ne peut surprendre : c'est là, d'une part, le dernier stade de la composition traditionnelle en médaillon et, d'autre part, le rappel de la valeur ésotérique du cercle, exaltée dans le bouddhisme évolué.
Ici triomphe le corps humain, hésitant entre l'élan et la retenue par un subtil mélange de sensualité et de pudeur. Types physiques, parures et mimiques appartiennent à un vocabulaire plastique évoquant irrésistiblement les conventions du théâtre […]
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