Peu d'hommes deviennent des légendes de leur vivant. Ce fut le cas de Massoud. À l'heure du thé où les Afghans sont souvent conteurs d'histoires, les habitants du Panjshir, haute vallée du nord-est du pays, disaient que leur chef était partout à la fois, qu'il volait au-dessus des rochers, que Dieu avait mis de la lumière en lui. Les journalistes occidentaux qui l'avaient rencontré lui avaient donné un titre qui ajouta à la construction du mythe : « Massoud, le Lion du Panjshir ». Les événements dramatiques des guerres d'Afghanistan allaient, eux, fournir le cadre d'une destinée hors du commun. En réalité, Massoud était plus simple.
Né dans la vallée du Panjshir en 1953, Ahmad Shah Massoud fait des études à Kaboul, au lycée français puis à l'École polytechnique. Son père était officier dans l'armée, lui voulait devenir architecte. Le renversement du roi Zaher en 1973 et l'activité des communistes vont amener Massoud à militer au sein du Mouvement de la jeunesse musulmane (qui deviendra le Jamiat-i-Islami dirigé par Burhanuddin Rabbani et le Hezb-i-Islami dont Gulbuddin Hekmatyar assurera la direction). Après le nouveau coup d'État du 27 avril 1978 (Inqilab-é-Saour : la rév […]
