Agrippine l'Aînée est l'une de ces femmes énergiques et vertueuses dont la Rome antique a toujours été fière. Mais elle fut sans doute la dernière, avant que les marâtres, les courtisanes et les impératrices dépravées tiennent dans l'Empire la première place. La destinée semble lui avoir été pour un temps favorable. Elle appartenait, par sa mère Julie, fille d'Auguste, à la dynastie impériale. Elle avait épousé Germanicus, homme fort populaire à Rome, qui commandait les légions du Rhin et qui pouvait prétendre succéder un jour à l'empereur Tibère. Épouse modèle, elle suivait Germanicus dans toutes ses campagnes militaires. Elle n'hésitait pas, rapporte Suétone, à payer de sa personne, à distribuer vêtements et remèdes aux soldats, à leur adresser des exhortations, à les complimenter pour leur courage. Cette femme de caractère excita la jalousie de Livie, l'épouse de Tibère, qui ne fut pas étrangère à la demi-disgrâce de Germanicus, éloigné de ses légions, envoyé en Syrie et peut-être empoisonné par Pison, le légat de cette province, sur ordre de Tibère, en 19. C'est dans un profond désespoir qu'Agrippine l'Aînée transporta à Rome les cendres de son époux, obtint la condamnation […]
