5. Le cas particulier de l'agression chez l'homme
Contrairement à ce que d'aucuns affirment, la transposition à notre espèce de ces résultats solidement établis chez l'animal est pratiquement impossible. Chez l'homme, les capacités d'apprentissage sont bien supérieures à celles des animaux, son enfance est beaucoup plus longue ; l'homme sait manipuler des symboles, remplacer l'un par l'autre, réaliser des opérations logiques sur de telles représentations mentales, ce qui laisse supposer qu'il y aura un nombre bien supérieur de stimulus susceptibles d'activer ou d'inhiber les substrats neuronaux de l'agression.
Si l'homme paraît, à première vue, ne posséder aucun comportement ritualisé propre à réduire l'agression, il possède, seul, le langage verbal et nous savons bien que les paroles peuvent faire plus mal que les coups. Notre langage articulé, qui nous permet de menacer, d'agresser, de mentir, de nous soumettre, n'a-t-il pas pris la place des comportements ritualisés des animaux ?
Alors qu'il semblait exister des similitudes étroites entre l'animal et l'homme en ce qui concerne les facteurs endogènes de l'agression, beaucoup de divergences apparaissent au niveau des facteurs exogènes, expérimentiels, ontogénétiques, etc. Un tel constat n'a rien pour nous surprendre car, dès que l'on tente de définir ce que l'on entend par agression, des divergences similaires se font jour. Déjà, chez l'animal, on pourrait presque dire qu'il existe autant de définitions de ce comportement qu'il existe d'équipes de chercheurs se préoccupant de cette question. Une définition comme celle de Carthy et Ebling a le mérite de satisfaire la majorité des spécialistes : « Un animal se comporte de manière agressive lorsqu'il inflige, cherche à infliger ou menace d'infliger un dommage à un autre organisme. »
Cette définition commode ne fait aucune allusion aux situations propices à l'agression, aux diverses formes d'agression : l'agression territoriale, l'agression d'évitement, l'agression prédatrice, l'agression […]
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