3. Les facteurs génétiques
Il existe essentiellement deux méthodes pour tester l'intervention d'éventuels facteurs génétiques dans le déterminisme des comportements d'agression chez l'animal ; tout d'abord, on dispose aujourd'hui de plusieurs dizaines de lignées ou souches de souris consanguines entre lesquelles des comparaisons de niveau d'agression peuvent être réalisées. L'autre méthode consiste à sélectionner artificiellement, de génération en génération, d'une part les animaux les plus agressifs, d'autre part les moins agressifs. Ces deux méthodes ont clairement démontré l'intervention de facteurs génétiques ; plusieurs chercheurs ont également supposé que des facteurs cytoplasmiques pourraient jouer un rôle dans le déterminisme de ces comportements.
C'est surtout la souris domestique qui est utilisée pour ce genre de travaux, en raison de l'agression bien connue des mâles et du fort taux de reproduction de cette espèce. C'est, par exemple, chez cet animal que l'on recherche la localisation du ou, plus vraisemblablement, des gènes responsables non pas de l'agression, mais d'une prédisposition à l'agression. On se demande s'il n'existerait pas certaines composantes du comportement agonistique de la souris comme la latence de la première attaque, le nombre d'attaques et le temps total passé à se battre qui ne dépendraient que d'un seul et même gène, alors que les battements de la queue en signe de menace dépendraient d'au moins deux gènes.
Maxson (1981) se demande si le chromosome sexuel Y, caractéristique des mâles, ne pourrait pas être le principal porteur des gènes de l'agression. En effet, si ce chromosome n'avait pour seule fonction que la différenciation de la gonade neutre en testicule, au cours de la vie embryonnaire, la plus grande partie de l'ADN de ce chromosome ne servirait à rien. Si cette hypothèse se révélait exacte, il y aurait un phénomène de co-évolution de tous les caractères portés par ce chromosome puisqu'il ne peut y avoir de gènes homologues à ce […]
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