Originaire de Florence, Agostino di Duccio quitta la ville très jeune, et sa première œuvre datée est le devant d'autel de la cathédrale de Modène (1442), représentant des scènes de la Vie de san Gimignano. Sa première formation n'est donc pas florentine, comme en témoignent d'ailleurs les reliefs de Modène, dont l'organisation plastique est encore gothique. En 1446, il est à Florence, mais, accusé de vol, il doit fuir à Venise : ce séjour en Italie du Nord le met en contact avec l'œuvre de Donatello, qui réside à Padoue de 1443 à 1453. On retrouve Agostino di Duccio en 1449 à Rimini, travaillant avec Alberti au Temple des Malatesta, dont il réalise le décor sculpté (1447-1454). Il y affirme un style personnel, très linéaire, graphique même dans certains reliefs « aplatis » où il déploie en ondulations mouvementées des draperies transparentes et « mouillées ». En 1457, Agostino est à Pérouse et sculpte la façade de l'oratoire dédié à saint Bernardin. Bien que l'ordonnance soit conçue en arc triomphal, comme le Temple des Malatesta, et que certains motifs en dérivent directement, la profusion des ornements, des statues, des bas-reliefs (Vierge en gloire, Annonciation, Miracles de saint Bernardin, Allégories des Vertus), en terre cuite ou en marbre de couleur, fait du petit édifice une sorte de reliquaire précieux d'un tout autre esprit. On peut dater de la même époque les reliefs de la Vierge à l'Enfant, conservés à la National Gallery de Washington et au Louvre
, en raison de leurs rapports stylistiques avec les Vertus et les Anges de Pérouse. Ceux qu'il sculpta après son retour à Florence en 1463 (musée du Bargello et coll. Rothschild) montrent qu'il ne fut pas insensible à l'art de Verrocchio.
Photographie
Vierge à l'Enfant, A. di Duccio Agostino di DUCCIO, Vierge à l'Enfant, marbre. Musée du Louvre, Paris.
Crédits: Peter Willi/ The Bridgeman Art Library Consulter
Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE
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