4. Le sens du temps
Au-delà des événements immédiats, et au-delà des périodes simplement stylistiques (période orientalisante, époque gothique ou baroque, etc.), l'archéologie et l'histoire reconstruisent de grandes unités temporelles, qui sont autant de moments dans l'histoire de l'humanité. La pensée évolutionniste, marquée par les noms de Condorcet, mais aussi de l'ethnologue américain Lewis H. Morgan (La Société archaïque, 1877), de Friedrich Engels (Origine de la famille, de la propriété privée et de l'État, 1884), et plus récemment, de Marshall D. Sahlins et Elman R. Service (Evolution and Culture, 1960), considère classiquement que l'ensemble des sociétés humaines a suivi le même chemin, depuis les sociétés les plus simples, celles des chasseurs-cueilleurs, dont certaines survivent encore de nos jours, jusqu'aux sociétés industrialisées actuelles les plus complexes.
Les débats actuels portent donc sur la linéarité ou la non-linéarité de ces processus évolutifs, sur les rythmes d'évolution, et enfin sur les causes de ces évolutions. Celles-ci peuvent être très diverses : inventions techniques, événements historiques (migrations, invasions), politiques, voire idéologiques, ou même phénomènes biologiques (formes humaines successives) ou climatiques (glaciations, désertifications). Aussi ces débats recoupent-ils ceux qui agitent non seulement les sciences humaines et sociales de notre temps, mais même nos propres sociétés, présentes et futures.
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