3. Mesure et construction du temps
Le xxe siècle verra à la fois la mise au point d'outils de plus en plus précis pour la mesure du temps, et la poursuite des débats sur l'interprétation historique et sociale des unités temporelles définies.
Les techniques de datation absolue (mises en œuvre quand on ne dispose pas de textes anciens permettant de dater directement les découvertes archéologiques) sont en progrès régulier. Elles reposent sur l'analyse d'un processus d'évolution biologique ou physico-chimique supposé régulier et mesurable : croissance des cernes des arbres (dendrochronologie), croissance de la patine des outils d'obsidienne (hydratation), enregistrement des radiations du sol par des objets minéraux ayant subi la chaleur, comme les poteries ou les pierres (thermoluminescence), variation de la direction et de l'intensité du champ magnétique terrestre enregistrées également par des objets minéraux chauffés (archéomagnétisme), dégradation des acides aminés (racémisation), baisse progressive du taux de radioactivité des organismes vivants après leur mort (carbone 14, uranium et thorium, potassium et argon). Chacune de ces méthodes a son champ particulier : le carbone 14 n'est guère mesurable au-delà de 50 000 ans, en revanche potassium et argon sont utilisés à partir de 500 000 ans. Mais les processus mesurés ne sont pas toujours uniformes et les marges d'erreur peuvent être importantes.
On distingue par ailleurs les datations « relatives », qui situent les traces d'événements passés les unes par rapport aux autres. Certaines peuvent se faire directement sur le terrain. Le cas le plus connu est celui des couches archéologiques successives, lorsqu'une population a longtemps vécu au même endroit – ce que l'archéologue allemand Heinrich Schliemann fut l'un des premiers à mettre en évidence par ses fouilles du site de Troie, dans les années 1870. Ces couches sont effectivement comparables, à une échelle réduite, aux couches stratigraphiques à travers lesquelles les g […]
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