2. Peuplement végétal
Le monde végétal africain peut être envisagé sous deux aspects différents principaux, la flore et la végétation, c'est-à-dire le matériel floristique actuellement présent dans les limites du continent, et les types physionomiques nés du regroupement des espèces suivant leurs affinités écologiques.
Comme à d'autres points de vue (structure, climat, etc.), l'Afrique peut se diviser quant à sa flore en trois parties : un énorme territoire central intertropical, « coiffé » de deux « calottes » apicales, l'une méditerranéenne (Berbérie paléarctique), l'autre australe (région du Cap).
Si la flore de l'Afrique du Nord appartient bien entendu au Palaearctis (et donc à l'Holarctis) et celle du Cap à un groupe autonome dont l'individualisation paraît justifiée par sa composition (abondance des Protéacées, Éricacées, Géraniacées, etc., présence des Pruniacées, Restionacées, Byblidacées, Roridulacées, Cunoniacées...), l'énorme masse tropico-africaine appartient au Palaeotropis, ce qui signifie qu'au niveau phytogéographique le plus élevé, l'empire floral, c'est avec les Tropiques asiatiques que seront ses affinités les plus marquées.
Quelques familles américaines ont un représentant en Afrique, par exemple : Rapatéacées (Mascholocephalus), Vochysiacées (Erismadelphus), Broméliacées (Pitcairnia), Cactacées (Rhipsalis) ; quelques genres principalement américains sont représentés en Afrique : Symphonia (Guttifères), Vismia (Hypericacées), Paullinia (Sapindacées)... Enfin plusieurs espèces, en dehors de rudérales et de pantropicales banales, bien entendu, sont communes à l'Afrique et à l'Amérique, par exemple Spondias monbin, Andira inermis, Ceiba pentandra, Gyrocarpus americanus, Christiana africana, sans qu'il soit possible de distinguer les cas de transports par des agents naturels ou par l'homme et ceux qui impliquent des migrations anciennes et des connexions terrestres.
Avec l'Asie tropicale et, en particulier pour les éléments saharo-sindien et soudano-deccanien de la flore « sèche », les similitudes vont se multiplier, au niveau des genres : Capparis, Grewia, Sterculia
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