3. L'Art nouveau
La tendance allant vers une simplification des formes et, partant, vers une plus grande efficacité, est toutefois contrebalancée par les surcharges ornementales de l'Art nouveau, mouvement qui se cristallise sur le plan mondial à la fin du xixe siècle, et entend se manifester dans tous les domaines des arts majeurs et appliqués. Alfons Mucha, qui réalise à partir de 1894 des affiches de théâtre pour Sarah Bernhardt (Médée, 1898), créant également pour elle des costumes de scène et des bijoux, œuvre ainsi, dans le même temps, à l'imagerie publicitaire des biscuits Lefèvre-Utile ou du papier à cigarettes Job. Fernand Louis Gottlob, Manuel Orazi, Maurice Réalier-Dumas, autres figures de l'Art nouveau français, font preuve, dans leurs affiches, d'une excellente maîtrise plastique, de même que Georges de Feure, qui livre une série inspirée par le symbolisme, George Auriol se singularisant quant à lui par ses lettrages recherchés.
La Sécession viennoise, à partir de 1897, propose une alternative à l'esthétique florale de l'Art nouveau français. Parmi ses fondateurs, Gustav Klimt, Koloman Moser, Alfred Roller réalisent les affiches des expositions du mouvement et de la revue Ver Sacrum qui le soutient. Proche de la Sécession, le Jugendstil, en Allemagne, que défendent le magazine Jugend et la revue Pan, se traduit dans l'affiche par les créations d'Otto Eckmann ou Josef Sattler.
En Belgique, les maîtres de l'affiche ont pour nom Émile Berchmans, Privat-Livemont, Armand Rassenfosse. Henry Van de Velde réalise en 1898 une unique affiche, remarquable, pour la marque alimentaire Tropon, à Bruxelles, dont il conçoit parallèlement les emballages et divers supports publicitaires.
L'influence de William Morris est directement perceptible dans les créations pour l'affiche du Britannique Aubrey Beardsley et de son compatriote Dudley Hardy, de même que dans les couvertures, illustrations et affiches réalisées par William Bradley pour The […]
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