12. Affiche conceptuelle et Nouvelle Vague
À la fin des années 1970, le graphiste allemand Uwe Loesch interroge les procédés de la communication dans ses affiches culturelles, cependant que le Japonais Shigeo Fukuda propose une réflexion critique sur la perception des messages. Cette démarche conceptuelle, imposant en général une « lecture lente » des affiches, à l'opposé des préceptes publicitaires, est aussi celle de Wolfgang Weingart, enseignant à Bâle. Ses expériences typographiques, représentées dans de nombreuses affiches culturelles, mettent en cause le style international et sont à la source d'un nouveau courant, aussi structuré que foisonnant et éclectique, désigné par l'expression « Nouvelle Vague », et qui s'épanouit dans les années 1980.
À Zurich, l'atelier Odermatt & Tissi est nettement influencé par les concepts « déconstructivistes » de Weingart, de même qu'à La Haye le studio Dumbar, qui les incarne dans ses affiches pour le Holland Festival (1986-1989). Aux États-Unis, au sein du studio Pentagram, Michael Beirut insuffle également l'esprit New Wave, avec son affiche Inner City Infill (1990), par exemple.
L'Américaine April Greiman, après avoir suivi l'enseignement de Weingart à Bâle, devient directrice du programme de communication visuelle du California Institute of the Arts et réalise sur ordinateur, à partir de 1985, plusieurs affiches pour la revue Design Quaterly, manifestes pour une « imagerie hybride », prônant la fusion entre les nouvelles technologies et le graphisme.
Quant au Français Philippe Apeloig, assistant d'April Greimann, il expérimente à son tour aux États-Unis les premiers MacIntosh et, de retour à Paris, produit une série d'affiches culturelles au sein desquelles sa création de caractères originaux, grâce aux logiciels graphiques, joue un grand rôle.
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