11. Le vent de la contestation
Au milieu des années 1960, des mouvements de contestation sociaux et culturels trouvent leur traduction dans l'affiche. Le Flower Power, en Californie, donne naissance aux affiches dites « psychédéliques », réalisées par de jeunes créateurs (Victor Moscoso, Wes Wilson), souvent autodidactes. C'est aussi le cas aux Pays-Bas avec le mouvement Provo, auquel le dessinateur Willem contribue.
Les affiches cubaines, inspirées du pop art et des arts latino-américains, se démarquent du réalisme socialiste. En Pologne, Roman Cieslewicz, Jan Lenica, Jan Mlodozeniec ou Waldemar Swierzy, par l'insolence et l'humour, souvent noir, font preuve d'une capacité à subvertir le sens même de l'image qui influence le graphisme mondial.
La révolte étudiante de Mai-68, en France, déclenche une grève générale avec occupation des établissements d'enseignement et des entreprises. Les étudiants des Beaux-Arts de Paris, rejoints par de nombreux artistes (Arroyo, Fromanger, Rancillac, entre autres), fondent l'Atelier populaire, qui s'équipe en matériel sérigraphique et lance une production d'affiches militantes, de même que l'atelier des Arts déco et d'autres écoles en France. La contestation et la force des affiches de Mai mettent en question les processus de communication dominants. De plus en plus réservés face à l'évolution de la publicité commerciale, des graphistes se tournent vers le champ culturel, en constante expansion à partir des années 1960.
Jean Widmer conçoit l'identité visuelle et l'ensemble des affiches d'exposition du Centre de création industrielle (C.C.I.), à Paris, à partir de 1969. Recentrant sa démarche autour des fondamentaux du design, il démontre la capacité de l'école suisse à générer un art du signe éloigné de toute rhétorique publicitaire. Quant à Roman Cieslewicz, après avoir assuré la direction artistique de l'agence Mafia, il s'établit en indépendant et privilégie la création d'affiches sociales et culturelles (L'Attentat, 1973), dont celles des gr […]
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