4. Souffleries aérodynamiques et moyens d'essai
Les premières mesures relatives à la résistance de l'air sont effectuées au xvie siècle sur des corps en chute libre. Aux siècles suivants apparaissent la méthode du manège et l'utilisation du vent naturel atmosphérique. En 1884 naît un procédé nouveau reposant sur un concept déjà ancien, puisque la paternité en revient selon toute vraisemblance à Léonard de Vinci : le corps à étudier est soumis à un courant d'air artificiel ; c'est le principe des souffleries aérodynamiques.
La première soufflerie connue fonctionne par éjection d'air comprimé, mais quelques années plus tard, entre 1890 et 1910, un ventilateur est utilisé pour produire l'écoulement de l'air, soit en soufflant sur le corps situé à l'extrémité du tunnel, soit en aspirant sur celui-ci. L'aspiration se révèle très rapidement préférable au soufflage ; l'écoulement est plus régulier dans l'espace et le temps, car la veine soufflée est animée de mouvements tourbillonnaires. C'est Gustave Eiffel qui, dès 1909, a utilisé dans la soufflerie du Champ-de-Mars, à Paris, les deux organes essentiels qu'on retrouve aujourd'hui dans toutes les souffleries aérodynamiques, à savoir le collecteur et le diffuseur, dont il sera question plus loin.
Les choses ont bien évolué depuis Eiffel. Aujourd'hui, on compte de par le monde plusieurs centaines de souffleries, dont la puissance va de quelques dizaines de kilowatts pour les plus modestes à plus de 100 mégawatts pour les plus importantes.
Les engins concernés par les essais en soufflerie sont en tout premier lieu les avions civils et militaires, mais aussi les missiles, les lanceurs, les hélicoptères, les équipements (sondes embarquées, par exemple), les éléments de turbomachines (grilles d'aubes de compresseur ou de turbine) et enfin les projectiles. En outre, la recherche de meilleures performances, alliée au légitime souci d'économies d'énergie, incite les constructeurs de véhicules navals et terrestres à réaliser aussi des ess […]
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