Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

THIERS ADOLPHE (1797-1877)

Page précédente Page suivante

3.  Sous la IIe République et le second Empire

La révolution de février 1848 n'écarte pas Thiers de la politique comme elle écarte Guizot. Au contraire, le péril social surexcite l'ardeur combative de l'homme d'État. Thiers appuie la candidature de Louis-Napoléon à la présidence, moins par fidélité à la mémoire de Napoléon, qu'il a d'ailleurs toujours exaltée, que parce qu'il a pensé, comme les autres chefs conservateurs, que Louis-Napoléon l'emporterait de toute manière ; il publie un ouvrage sur La Propriété, défend l'Église contre l'Université, contribue à faire voter la loi électorale et antidémocratique du 31 mai 1850. Dans le fond, il admet pourtant la république, pourvu qu'elle soit conservatrice et que, dans un avenir plus ou moins proche, elle lui assure la première place. Le coup d'État du 2 décembre 1851, qu'il a annoncé, l'exile d'abord en Belgique puis en Angleterre. Il revient en France en 1852. Durant les premières années du second Empire, il s'abandonne à sa passion des voyages et mène à bien son Histoire du Consulat et de l'Empire, dont le succès est considérable. En 1857, Napoléon le traite d'historien national ; en 1862, l'Académie française lui décerne le prix biennal de littérature.

Cependant, la politique le tente toujours. Aux élections législatives de 1863, il est battu à Aix mais élu à Paris. Sa rentrée politique est un événement : Thiers s'impose non seulement à l'opposition mais à la majorité du corps législatif qui, au fond du cœur, lui donne souvent raison. Comme il l'a toujours fait, il défend le protectionnisme et conteste les résultats du traité de janvier 1860 ; il demande les « libertés nécessaires », il dénonce l'unité italienne et, plus encore, l'unité allemande. La Prusse, à l'entendre, est en train de reconstituer l'Empire de Charles Quint avec pour capitale Berlin et pour satellite l'Italie. En 1869, Thiers est réélu député de Paris. Lorsque se forme, le 2 janvier 1870, le cabinet Émile Ollivier, il reste sur la réserve, à la différence de Guizot et de la plupart des anciens orléanistes : il n'a pas confiance. Clairvoyance rare, qui cependant n'a jamais été aussi grande que lorsqu'il essaie en vain d'empêcher la guerre entre la France et la Prusse. La défaite ainsi que la tournée des capitales européennes qu'il entreprend malgré son âge, à la demande du gouvernement de la Défense nationale, pour rompre l'isolement de la France confirment son prestige, qui est alors à son apogée.

 […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« THIERS ADOLPHE (1797-1877) » est également traité dans :

COMMUNE DE PARIS (1871)

Écrit par :  Édith THOMAS

Dans le chapitre "La paix des ruraux"  : …  Edgar Quinet, des jacobins comme Delescluze, des représentants comme Pyat, Malon, Gambon et Tolain. *Soutenu par cette Assemblée en majeure partie composée de ruraux, le chef du pouvoir exécutif, Thiers, symbole même de la bourgeoisie, a les mains libres pour traiter avec l'Allemagne. La France devra payer un tribut de cinq milliards, abandonner l'… Lire la suite
DEUXIÈME RÉPUBLIQUE

Écrit par :  André Jean TUDESQ

Dans le chapitre "L'élimination des républicains"  : …  Falloux assure la liberté de l'enseignement, ce qui profitera surtout à l'enseignement catholique ; *sous l'impulsion de Thiers, une autre loi avait précédemment établi une surveillance plus étroite sur les instituteurs suspects de propagande socialiste ; le 31 mai 1850, une loi électorale ampute le suffrage universel, à la suite d'élections… Lire la suite
ÉCLIPSE L' (1868-1876)

Écrit par :  Marc THIVOLET

… *Hebdomadaire de quatre pages dont la première est en couleurs, L'Éclipse présente, dans la plupart des cas, une première page comportant un portrait-charge, deux pages de textes amusants et une quatrième page en partie composée d'images satiriques relatant les événements marquants de la semaine écoulée ou une histoire à la manière de… Lire la suite
EMPIRE SECOND (1852-1870)

Écrit par :  Marc BASCOUAdrien DANSETTE Universalis

Dans le chapitre "Le réveil politique"  : …  du clergé, l'Église ayant jusqu'alors un monopole de fait en ce domaine. Au Corps législatif, *Thiers réclame en 1864 les libertés nécessaires : liberté individuelle, liberté de la presse, liberté électorale (suppression de la candidature officielle), liberté de représentation nationale (droit d'interpellation), liberté de la majorité (… Lire la suite
JUILLET MONARCHIE DE

Écrit par :  André Jean TUDESQ

Dans le chapitre "L'établissement du nouveau régime"  : …  *Le 30 juillet au matin, au moment où les troupes de Charles X se sont définitivement retirées de Paris, est affichée, sur les murs de la capitale, une proclamation rédigée par Thiers, alors rédacteur du journal libéral Le National, qui propose de nommer roi le duc d'Orléans, « prince dévoué à la cause de la Révolution » ; c'était offrir… Lire la suite
NATIONAL LE

Écrit par :  Pierre ALBERT

… *L'origine des capitaux qui permirent la création du National n'a pas été clairement établie, mais on peut estimer qu'une partie fut d'origine orléaniste. Le journal fut lancé le 3 janvier 1830 par trois associés : Thiers, qui ne se trouvait plus assez libre au Constitutionnel, Mignet, son ami venu du Courrier français, et… Lire la suite
RÉVOLUTION FRANÇAISE

Écrit par :  Jean-Clément MARTINMarc THIVOLET

Dans le chapitre "Nouvelles perspectives"  : …  historiques qu'Auguste Mignet (Histoire de la Révolution française, 1824) et *Adolphe Thiers (Histoire de la Révolution française, 1823-1828) donnent de la Révolution humanisent les Montagnards par la grâce du récit, et offrent par conséquent aux couches sociales bourgeoises la possibilité d'intervenir dans un débat politique… Lire la suite
TROISIÈME RÉPUBLIQUE

Écrit par :  Louis GIRARD

Dans le chapitre "L'installation"  : …  une Assemblée nationale donnèrent une majorité considérable aux conservateurs, groupés autour de *Thiers en vue de la paix, les républicains apparaissant comme le parti de la guerre. Réunie à Bordeaux, l'Assemblée nomma Thiers chef du pouvoir exécutif de la République. Ce dernier négocia une paix très dure : annexion de l'Alsace moins Belfort et… Lire la suite

Afficher la liste complète (8 références)

Retour en haut

Média

Média de cet article dans l'Encyclopædia Universalis :

Thiers

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média