C'est à l'âge de quarante ans que l'abbé Fouéré, plus généralement désigné comme « l'ermite de Rothéneuf » ou « l'ancien recteur » par les autochtones, entreprend de sculpter les rochers du rivage de l'une des avancées du littoral breton entre l'estuaire de la Rance et la baie du Mont-Saint-Michel. Le thème qu'il choisit de traiter, c'est l'évocation de la famille quasi légendaire des Rothéneuf, qui régna sur ces parages du xvie siècle à la Révolution, ainsi que des personnages singuliers de son entourage : gentilshommes, dames, hommes d'armes, serviteurs dévoués, magiciens, tous pourvus par la tradition d'un nom ou d'un sobriquet. Ce faisant, l'abbé Fouéré poursuit une « lecture du paysage rocheux inaugurée depuis des siècles par la population locale qui a déjà décerné bon nombre de ces noms et sobriquets aux divers accidents du relief de la côte avoisinante ». S'il est fréquent de voir donner des appellations concrètes à des rocs, à des îles, à des baies, à des promontoires, à des falaises, il est exceptionnel que pareille désignation soit en relation intime avec l'histoire et la légende d'une famille, comme si les lieux avaient été définitivement et indiss […]
