2. Le Paris haussmannien, « cité-jardin »
Alphand ne s'occupe ni des travaux de grande voirie ni des principaux travaux d'architecture, confiés à Victor Baltard. Ses premières interventions – au bois de Boulogne et rue de Rivoli, où il réalise le square Saint-Jacques – laissent pourtant deviner la portée réelle de son action. Ses jardins sont en effet solidaires du réseau de voies nouvellement créées. Dans un premier temps, l'ingénieur-jardinier établit à Auteuil les pépinières et les serres qui fourniront les plantes d'ornement. Trois grandes familles de jardins font ensuite leur apparition. À l'ouest puis à l'est, le bois de Boulogne puis celui de Vincennes sont annexés au domaine municipal et transformés en vastes parcs paysagés. Dans les nouveaux arrondissements, les parcs des Buttes-Chaumont et de Montsouris sont créés de toutes pièces à l'emplacement de carrières désaffectées. Le parc Monceau, ancienne propriété de la famille d'Orléans, est remodelé et construit sur son pourtour à la mode londonienne. Une multitude de squares de toutes formes et de toutes dimensions sont plantés dans les espaces libérés par le percement des nouvelles rues : squares carrefour, squares de dégagement ou simples squares de quartier, plus fidèles au modèle importé d'Angleterre. Cette dernière famille fait corps avec la voirie, qu'elle accompagne ou prolonge selon les cas. Tout comme le plan d'ensemble des grands travaux, la physionomie et la répartition de ces jardins sont le produit des circonstances autant que d'une intention délibérée. Par leur enveloppe ils s'intègrent à la ville, par leur tracé proprement dit ils s'en éloignent, l'une ayant été fixée antérieurement à l'autre. À ces jardins clos il convient d'ajouter les promenades ouvertes bordées d'arbres qui s'offrent comme le complément de l'espace clôturé et discipliné des squares distribués sur tout le territoire parisien.
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