2. La théorie du Raumplan
« Je ne conçois pas de plan, de façades ou de vues en coupe, je conçois des espaces », écrit Adolf Loos. Toutes les réalisations de l'architecte visent en effet à donner une place primordiale à des espaces conçus en fonction des besoins humains. Loos définit cette idée, extrêmement moderne pour l'époque, par sa théorie du Raumplan (« plan d'espace »).
En 1910, sur la Michaelerplatz à Vienne, Adolf Loos réalise sa première maison de commerce et d'habitation pour le tailleur pour homme Goldman & Salatsch. Ce bâtiment, où il met en pratique la doctrine prônée dans son célèbre essai Ornement et crime (Ornament und Verbrechen, 1908), provoque un vrai scandale. En effet, la façade affiche une simplicité et une pureté allant dans la partie supérieure jusqu'à un dépouillement total. Le bâtiment est nu, sans artifice, et ne sacrifie pas au mensonge des apparences décoratives. L'immeuble est surnommé « la maison sans sourcils » et Loos doit consentir à la pose de jardinières pour finalement obtenir l'achèvement des travaux. L'architecte a pourtant veillé, selon ses propres dires, à l'harmonie entre le bâtiment et son environnement, et notamment au respect de l'équilibre par rapport à l'une des entrées lourdement décorée du palais impérial se trouvant juste en face. L'élégance de la façade prouve en effet ses liens avec la tradition : un crépi blanc couvre une structure en béton armé et le rez-de-chaussée est incrusté de marbres somptueux et colorés.
Influencé par les bâtiments d'Henri Sauvage, Loos conçoit en 1910 un grand magasin à Alexandrie (Égypte), resté à l'état de projet, avec les derniers étages en gradins. Il réitère ce principe de construction en gradins à Vienne en 1912-1913 pour la villa de la famille Scheu. Juste après la Première Guerre mondiale, Loos édifie d'autres maisons pour la bourgeoisie viennoise et praguoise. En 1927-1928, il construit la maison Moller, la plus aboutie de ses villas viennoises par son purisme architectural. Un cube blanc prés […]
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