3. Restrictions au mouvement physique
Les adolescents passent un nombre incalculable d'heures à faire des choses qu'ils préféreraient ne pas faire, que ce soit à travailler pour gagner leur vie dans les pays pauvres et en développement, ou, dans les pays riches, à rester derrière une table d'école à ingérer des informations et des concepts qui leur semblent souvent abstraits ou inutiles. Ce sentiment de frustration peut être accru chez les filles, qui, comme le suggèrent certaines études, se désintéressent d'un système scolaire qui semble valoriser davantage les garçons. Même les bons élèves avouent qu'ils souhaiteraient très souvent être ailleurs qu'en cours. Dans les pays occidentaux, de nombreux adolescents préfèrent passer leur temps dans des lieux publics tels que les parcs et les centres commerciaux, où ils échappent plus facilement à la surveillance des adultes.
Dans le cas des États-Unis, l'organisation de l'espace urbain avec ses banlieues résidentielles immenses oblige certains adolescents à passer jusqu'à quatre heures par jour dans les transports pour se rendre à l'école, à leurs activités extrascolaires, à leur petit boulot ou chez leurs amis. La plupart d'entre eux ne peuvent effectuer ces déplacements librement avant d'obtenir leur permis de conduire (événement qui est aujourd'hui devenu l'un des principaux rites de passage dans les pays développés). Une fois le permis en poche, de nombreux adolescents n'ont cependant pas de lieux accueillants où aller ni d'activité intéressante à exercer. Lors d'un sondage réalisé en 1990 parmi des élèves de seconde aux États-Unis, plus de la moitié des jeunes interrogés répondaient qu'ils erraient en voiture au moins une à deux fois par semaine. Ils reconnaissaient passer la majeure partie de leur temps libre à regarder la télévision ou à « traîner ». Les adolescents recherchent cependant en général les activités impliquant un investissement physique (sport, danse, théâtre, par exemple).
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 4 pages…



