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CHAMISSO ADELBERT VON (1781-1838)

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2.  Les tentations

Toute sa vie, Chamisso doit répondre à maintes sollicitations. Émigré sans ressources, il portera l'uniforme prussien. Prêt à démissionner pour rejoindre la faculté, la mobilisation le frappe en 1805. Après deux années passées auprès de Mme de Staël, il songera pourtant à se réengager en 1814, par solidarité. Il n'en brigue pas moins à l'occasion un poste au lycée de Pontivy ou aux Archives impériales ! Entre-temps, ses amis Fouqué, Varnhagen le pressent de venir étudier avec eux à Berlin. Seule la liaison avec Helmina de Chézy lui offre à Paris quelques semaines d'un bonheur fugace.

Incompris soit à Paris soit à Berlin, Chamisso fut souvent tenté de s'en échapper. Retenu par les splendides paysages suisses en 1812, il vivra plus tard en solitaire comme conservateur de collections privées à Kunersdorf. Un jour enfin, il fuira la Prusse francophobe en s'embarquant comme naturaliste sur le Rurik qui fit de 1815 à 1818 un tour du monde presque complet. Il en ramènera Reise um die Welt (Voyage autour du monde), deux volumes de souvenirs.

Bien qu'il soit surtout connu comme écrivain, Chamisso eut une activité littéraire très épisodique. Il nous a laissé de sa jeunesse une ébauche de Faust et une variation sur le thème de Fortunatus (les deux d'inspiration romantique) et, à la fin de sa vie, des poèmes narratifs d'une facture très personnelle. Il traduisit, avec passion, aussi bien les Cours de Schlegel en français que Marot et Béranger en allemand. Entre ces essais littéraires il s'initiait à la botanique, herborisait et disséquait.

Chamisso s'était déjà mis en scène dans sa Fable d'Adalbert ; sa Merveilleuse Histoire de Pierre Schlemihl (Peter Schlemihls wundersame Geschichte, 1814) sera une véritable confession. Schlemihl, c'est l'éternel malchanceux. Un étrange « homme gris » lui offre de troquer son ombre contre une bourse inépuisable – cela ne lui vaut que déboires – puis de retrouver son ombre en vendant son âme, qu'il sauve finalement en sacrifiant la bourse. Le récit mêle réel et fantastique, scènes tragiques et plaisantes. Seule la morale (le dédain d'un monde inhospitalier) est peu romantique. Ce conte restera l'œuvre de Chamisso la plus justement célèbre.

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EXPLORATIONS

Écrit par :  Jean-Louis MIÈGE

Dans le chapitre "Le mal de vivre du voyageur romantique"  : …  Le romancier, poète et voyageur *Aldebert von Chamisso de Boncourt qui, comme naturaliste sur le Riourik, participa de 1815 à 1818 au tour du monde d'Otto von Kotzebue, était de même animé par la recherche d'un autre milieu, comme par la recherche de son ombre perdue : « Exclu de la société humaine [...], j'étais par compensation invité à… Lire la suite

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