2. Approche neurobiologique
• Hypothèses explicatives
Quels sont les mécanismes par lesquels les drogues stimulent la libération de dopamine ? Ils sont de deux sortes et dépendent du site où agissent les drogues. Les psychostimulants (cocaïne, amphétamines, ecstasy et médicaments contenant ce type de substances) bloquent un système régulateur de la concentration synaptique en dopamine principalement au niveau du noyau accumbens. Or il existe des connexions entre le noyau accumbens et le système limbique, spécialement l'amygdale, où naissent les perceptions du danger (stress, peur, émotions violentes...) et aussi avec le cortex préfrontal (cortex cingulaire) très important chez l'homme. L'activation simultanée des neurones du cortex frontal et des structures du système hédonique (en particulier l'amygdale) a pu être démontrée par neuro-imagerie à l'occasion d'un état de « manque ». En effet, chaque émotion prise en compte par le système hédonique est susceptible de conduire à une réponse motrice immédiate. Toutefois, ce « passage à l'acte » va être contrôlé par des projections du cortex cingulaire antérieur sur le noyau accumbens et l'amygdale où sont mémorisés les antécédents affectifs et socioculturels de l'individu. Ce contrôle permanent exercé sur les pulsions qui peuvent naître de la suractivation du système limbique génère un certain nombre de conflits et peut expliquer des comportements anormaux. La drogue jouerait le rôle d'une « béquille hédonique », dans l'impossibilité où se trouve le patient de retrouver le contrôle de ses pulsions affectives.
La propension au passage de l'abus à l'addiction dépend aussi, dans un certain nombre de cas, d'un support génétique sans doute polygénique. Ainsi, le polymorphisme du récepteur dopaminergique D2 avec prédominance de l'allèle A1 est retrouvé de manière statistiquement significative dans les familles d'alcooliques. De même, les gènes codant pour les transporteurs des neurotransmetteurs tels que la dopamine ou la sérotonine sont retrouvés altérés plus fréquemment chez les alcooliques. On constate […]
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