2. Les conditions de la conformité
À quelles conditions cette acceptation va-t-elle se faire ? Trois types de théorie donnent chacune des réponses partielles et complémentaires à cette question.
• La théorie de T. W. Adorno
La première est représentée par exemple par les travaux de T. W. Adorno et de ses collaborateurs sur la Personnalité autoritaire : certaines attitudes sont enracinées au plus profond de la personnalité, elles en composent d'une certaine manière la structure ou sont les symptômes d'un certain syndrome caractériel. Ainsi, les stéréotypes raciaux, comme l'antisémitisme, apparaissent en général comme des éléments d'un système d'attitudes complexes : l'antisémitisme est le plus souvent associé à un moralisme sexuel insistant, à une croyance en la valeur des hiérarchies sommaires, à une vision pessimiste de l'histoire, à un manichéisme généralisé, à une soumission aux principes d'autorité et aux conventions, etc. Il est clair que des attitudes de ce genre sont difficilement modifiables dans la mesure où elles appartiennent à un système général d'attitudes, d'une certaine manière constitutif de la personnalité. Lorsque l'adaptation à un groupe implique la modification d'une attitude de ce type, elle a peu de chances de se réaliser, dans la mesure où le « coût » psychologique considérable entraîné par le changement d'attitude devrait être compensé par un « gain » psychologique élevé résultant de l'adhésion au groupe. Si l'adhésion est forcée, il y a de fortes chances pour que se développe plutôt une attitude de « retrait » par rapport au groupe.
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