5. Les repères affectifs et leurs transformations
Avec les palpeurs, l'aide des siens, la personne se meut dans le monde. Très vite aussi, elle met en place des repères affectifs qui lui permettent d'imaginer comment se situer dans le monde.
Les repères affectifs se présentent sous la forme d'objets, d'espaces, de personnages, de situation même. Ils prennent leur consistance à travers la répétition de leur utilisation, grâce à la force de l'habitude. Imaginaires ou réels, ils donnent une apparence, une forme à notre vie. Ils contribuent à un agencement de nos pensées. Ils participent à notre structure émotionnelle, notre labyrinthe intime, notre charabia. Les repères sont les étoiles de notre monde intérieur, ils le sous-tendent : ils sont de l'émotion, de l'intermédiaire entre soi et les autres.
Ancrés dans la mémoire de nos cinq sens, ils sont une mémoire vivante, spatiale, multidimensionnelle de nos expériences anciennes. Tel vieux fauteuil nous rassure par sa présence. Telle attitude de l'autre nous inquiète car nous croyons y retrouver une attitude dangereuse reconnue dans d'autres circonstances. Les grands immeubles modernes des années 1960 sont inquiétants par leur manque de repères.
Le premier repère devant nos yeux est le corps, le corps de la mère, son visage, notre propre corps. Nos doigts de pieds, nos mains sont les premiers compagnons mobiles de notre environnement.
Le corps est peu à peu habité, modifié. Chacun y développe son emprise ; suivant l'histoire et les échanges de chaque individu s'installent sur le corps des plages de plaisir plus ou moins importantes. Ces plages forment une sorte de relief personnel, une carte de la géographie érotique du corps.
Il est inclus dans un jeu imaginaire de protection, d'adaptation entre lui et les autres.
Les repères, parce qu'ils s'accrochent à notre mémoire physique, tracent un projet rassurant à notre vie. Ils facilitent nos mouvements mécaniques ou affectifs. Ils nous permettent d'aller au plus pressé. Parce qu'ils d […]
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