3. Le monde en mouvement et les palpeurs
L'homme évolue dans un espace mouvant et interactif. L'apparition du sourire social chez le bébé semble jouer un rôle très enrichissant dans l'interaction, en induisant chez les parents le sentiment d'être reconnu et valorisé par l'enfant : celui-ci paraît « entraîner » les parents dans « l'état de grâce » qu'il semble alors connaître (Stoléru-Lebovici).
L'adaptation procède d'une transformation d'un grand nombre de détails. La personne pressent, ressent, situe, pointe, intègre, ingurgite, s'approprie une quantité de détails de la vie. Elle en choisit certains, d'autres lui sont imposés par la force de la cohésion sociale. Elle les fait siens, et parfois les revendique comme des composantes essentielles de son existence, sans toujours savoir pourquoi certains de ces détails sont devenus évidents, si importants, si imposants à la conscience.
C'est le cas de la mode, celui aussi de mots « mode » comme « c'est le pied », « génial », ou « sublime », « dément ». Des mots qui flambent dans la communauté pour s'intégrer ensuite. L'essai, l'usage de la cigarette ou de la drogue proviennent du même processus, la canalisation du désir à travers la pression du désir de l'autre, des autres, à travers l'envie de prendre, d'intégrer et de s'intégrer.
L'adaptation psychologique est un long, lent travail d'adhésion et de distanciation toujours retravaillé, toujours transformé, déformé, reconstitué.
On ne peut séparer l'adaptation psychologique d'un individu du concept de « personne », c'est-à-dire de cet individu traversé par les pensées, les émotions, les relations des autres. Constamment, la personne est soumise au flux des échanges tel que ses choix sont dirigés plutôt vers tel aspect social ou individuel plutôt que tel autre. On voit alors à quel point la personne est soumise à l'influence de la structure environnante.
La permanence même de l'identité (ce en quoi quelqu'un se reconnaît identique à lui-même chaque jour) est soumise à ce choix constant fa […]
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