Les échanges, le mouvement, la création, les différences et les apports de chacun engendrent le sentiment d'existence. Exister, c'est bouger, « exister, c'est peser » (E. Levinas). Parfois la vie pèse trop lourd, d'autres fois elle ne pèse plus et ne vaut rien. La sensation du poids de la vie est un signal de régulation ou d'alarme. La sensation de distance affective (être proche ou lointain), celle de l'écoulement du temps (trop rapide, trop lent, ou juste bien) en sont d'autres. Ces critères nous rappellent la nécessité de réaménager constamment certains aspects de notre vie.
1. L'atmosphère
L'atmosphère est la transformation de la qualité de l'espace et du temps due à la présence et à la relation conjuguée de plusieurs personnes. Par exemple, nous pouvons aimer deux personnes, mais trouver leur couple exécrable. Le couple produit une qualité qu'on nomme l'atmosphère. L'atmosphère est une production des échanges entre les individus et non une production de la volonté des individus.
L'atmosphère participe aux nombreuses enveloppes qui habillent, contraignent et protègent l'individu. L'individu utilise sa perception de l'atmosphère, « le bien-être ou le mal-aise », comme une des références à laquelle il doit s'adapter sous peine d'être à la merci des ragots, des rumeurs, de la honte. Il repère les valeurs, les soupèse, s'affirme ou s'exclut vis-à-vis d'elles.
2. L'inadaptation
L'inadaptation est elle-même un moteur de l'élan vital. Elle provoque le sentiment de décalage entre soi et les autres, entre notre perception intérieure, notre conception de la vie et l'image que les autres nous renvoient de nous-même, l'image que le monde nous renvoie de sa complexité. Ce décalage fonctionne comme source d'inspiration, de curiosité, de recherche, de création. Mais l'individu est toujours inadapté dans certains champs de son existence.
Tel ouvrier accepte de se soumettre quotidiennement. Il reproduit cette soumission chez lui, soit en se soumettant, soit en soumettant sa famille. Ici, l' […]
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