Les architectes et décorateurs Robert et James Adam sont les fils d'un architecte écossais, William Adam. Ce dernier, déjà mêlé au courant du retour à l'antique qui depuis Inigo Jones triomphait en Angleterre, voulut que ses fils étudient directement les œuvres de l'Antiquité et non pas seulement, comme ses compatriotes, à travers Palladio. Au cours d'un voyage en Italie et en Dalmatie, aidés de l'architecte français Charles-Louis Clérisseau, ils prirent des relevés d'un certain nombre de monuments, en particulier les thermes de Rome et surtout le palais de l'empereur Dioclétien à Spalato (Split) dont ils découvrirent et publièrent les ruines (The Ruins of the Palace of the Emperor Diocletian at Spalato in Dalmatia, Londres, 1764). Cet examen attentif des monuments antiques, et particulièrement des décors sculptés en faible relief en stuc ou en marbre, les amena à une nouvelle conception du décor intérieur. Avant eux, le goût antique se manifestait par une transposition dans les intérieurs de l'architecture extérieure, frontons et colonnes, corniches et entablements. Robert Adam substitue à cette solennité un décor de stucs légers, rinceaux, grotesques sur fond de couleur claire, vert, jaune, mauve. Ce décor mural était souvent complété par des dessus de portes, peints à l'huile, illustrant des sujets antiques. Le plafond, à dessin central, avait également un décor de stuc, le dessin du tapis ou du parquet lui répondait. Le souci d'Adam pour une harmonie complète du décor se manifeste aussi par les dessins qu'il donnait pour les meubles, les bronzes (lustres, candélabres), pour les trumeaux de glaces, et même pour les grilles des foyers de cheminée. Tous ces éléments formaient ainsi un ensemble homogène ; ils constituent la grande originalité du décor Adam. Les théories des deux frères furent rassemblées dans les Works in Architecture of Robert and James Adam (1er vol. 1773, 2e vol. 1779, 3e vol. posthume, en 1822). Cette publication illustrée de nombreuses planches montre à quel point les frères […]
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