La géologie est une science qui a pour objet l'étude de la Terre et de son histoire. La reconstitution du passé de notre globe nécessite, à partir de l'étude de traces anciennes, l'élaboration d'hypothèses qui sont notamment fondées sur le principe des causes actuelles. Ce principe postule que les processus géologiques passés sont identiques à ceux que l'on observe actuellement (érosion, sédimentation, métamorphisme, volcanisme, séisme, orogenèse...). La doctrine qui découle de ce principe s'appelle l'actualisme.
Cette théorie, très en vogue au xixe siècle, a eu des partisans qui ont poussé l'idée à l'extrême – c'est l'uniformitarisme : les causes anciennes sont non seulement identiques aux causes actuelles, mais elles sont également lentes, continues et de même intensité qu'aujourd'hui. De plus, cette thèse partait du principe que d'autres facteurs n'avaient pas pu exister dans le passé.
La doctrine que l'on confronte habituellement à l'uniformitarisme est le catastrophisme. Selon elle, l'histoire de la Terre est faite de périodes calmes interrompues par des cataclysmes qui ont façonné notre globe. Il est à noter d'ailleurs que, dès les débuts de l'humanité, les catastrophes ont contribué, à travers nombre de récits mythiques (le Déluge, l'Atlantide...), à la tentative d'expliquer le monde.
1. Une opposition très ancienne
Les visions opposées de l'actualisme et du catastrophisme ont de tout temps plus ou moins coexisté. Et, tout au long de l'histoire des sciences de la Terre, on pourrait trouver chez les auteurs une inclination plus ou moins affirmée pour l'une ou l'autre doctrine, avec parfois un amalgame des deux.
Dès l'Antiquité, les idées des aristotéliciens se confrontent à celles des stoïciens. Les premiers pensent que les agents quotidiens, par leur action lente et continue, peuvent entraîner des changements dans la position des terres, des mers, des plaines et des montagnes. Ces changements lents et cycliques se compensent d'une région à l'autre et la Terre est globalemen […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 4 pages…



